...Exposition temporaire

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Nathalie Grall
L’air de rien
21 septembre 2019 - 1er mars 2020

Auteurs des textes
Virginie Caudron
Nathalie Grall
Olivier Koettlitz
Laurence Paton

N. Grall : « Le passage du temps est toujours au cœur de mon travail. Il s’agit du sentiment fort et toujours présent de la fugacité de la vie. »

Nathalie Grall est née en 1961 à Compiègne, elle vit et travaille à Lille. Elle est diplômée de l’Institut d’arts Visuels d’Orléans, et de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. Elle est lauréate de plusieurs prix en gravure. Depuis 1984, Nathalie Grall, a choisi pour médium essentiel la gravure au burin. Cette rétrospective présente les 20 dernières années de sa production gravée.
L’alliance du pinceau et du burin, du trait lâché et du sillon gravé, est au cœur de son travail. Le caractère calligraphique de son dessin, interprété avec lenteur dans le cuivre par les pleins et déliés d’une incision au burin, l’entraîne parfois au bord de l’abstraction. Le hasard et à la fantaisie participent également au jeu des métamorphoses, auquel elle se prête avec malice.
L’artiste s'inspire des formes de la nature. Des herbiers imaginaires, des animaux furtifs, des jungles touffues, des oiseaux équilibristes, nous entrainent dans son monde intérieur. L’évocation du temps qui passe est un fil conducteur qui parcourt toute l’œuvre : la germination, l’élan vital, le flétrissement, l’érosion, sont des thèmes récurrents. Les paysages sans horizon, ponctués de rochers anthropomorphes ou les métamorphoses d’un jardin zen nous invitent à la contemplation.
« L'air de rien », pour reprendre l'un de ses titres, Nathalie Grall capture l’éphémère et fixe l’émotion perçue face à la nature. Sa transcription fluide et épurée, va à l’essentiel, elle approche l'essence des choses et par la même atteint l’intemporel.

La Collection

Vient sans doute inévitablement dans le parcours de tout artiste un moment où se manifeste l’envie de mettre de l’ordre, de classer, de répertorier, de catégoriser, bref de penser son œuvre de manière globale avec le recul nécessaire.
C’est ainsi que peut être interprétée la série des quatorze planches intitulée La collection, gravée par Nathalie Grall à partir de 2013 et pour une bonne part à l’origine de cette exposition.
Au départ, ce retour sur son travail était conçu par l’artiste comme une sorte de récapitulatif de ses différentes « périodes » ou styles, la période Ceps de vigne, ou Grenouilles, ou Orchidées, afin de les réorganiser. C’était aussi le moyen de se souvenir d’images gravées parfois trente ans auparavant (planche 1). Lui était ainsi venu le désir de se réapproprier son œuvre, de la maîtriser en une sorte de vertige de la totalité.
Le jeu des séries en a engendré d’autres, l’élan initial de réorganisation rationnelle, de réappropriation de son œuvre dont elle pouvait avoir l’impression qu’elle lui échappait, loin d’être réducteur, a finalement débouché sur une nouvelle prolifération. 

Evanescence

Tout commence avec le pinceau tenu à la verticale sur la plaque de cuivre, tout est affaire de sensation et de geste, celui du peintre-calligraphe dans un premier temps, puis celui du graveur.
Elle efface la gouache avec un chiffon, reprend son pinceau qui, avec la même légèreté que le vent, modifie insensiblement les figures, fait danser les parapluies pour les métamorphoser en oiseaux, en fleurs, en demoiselles, en nénuphars, ou donne moelleux et profondeur à une zone blanche pour inventer un pelage soyeux, des îlots vagabonds, un rivage inconnu, une eau étale.
L’étonnant c’est que la deuxième phase de son travail de création, la gravure au burin, n’entame en rien l’éphémère subtilité de ces figures hybrides à la fois animales, humaines, végétales, ou de ces paysages ouverts qui invitent au voyage et à la rêverie. Au contraire, c’est comme si les traits du burin matérialisaient cette évanescence en la sculptant dans le métal, aidant l’artiste à retrouver grâce à la lame qui vibre sous sa main l’impression de départ qui l’a émue.





Vide et plein

Dans ses paysages ponctués de rochers ou ses compositions animalières et végétales Nathalie Grall explore les rapports du vide et du plein.
« Dans les années 80, j’ai découvert les écrits de François Cheng sur la poésie et la peinture chinoise. Ce travail a nourri mes réflexions sur la façon d’aborder l’acte de création, sur les rapports entre l’écriture et l’image, l’outil et le corps. 
Je ne cherche ni à imiter ni à entrer dans une culture qui n’est pas la mienne mais je reprends ce qui me touche comme la frontalité des paysages, le rapport du noir à son support, les formats allongés. La recherche du dessin, si elle reste spontanée, ne se fait pas forcément sans retouches et je n’ai jamais en tête exactement ce que je vais peindre. C’est par le geste que l’image se créée. L’effacement du trait y est aussi important que le trait lui-même. » 
François Cheng, poète et philosophe : « L'Occident ne jure que par le plein. La pensée chinoise, elle, est fondée sur le vide. »

Rebondir

Que voit-on au juste ? des signes ou des choses ? des représentations stylisées de la réalité ou des songes ? des images ou des mirages ? un improbable alphabet ou l’exhibition de quelque créature zoomorphe insoupçonnée ? Même lorsque la forme tend à se naturaliser au maximum, on voit, on sent et pressent qu’elle pourrait emprunter in extremis une autre voie.
L’artiste passant constamment d’une gravure à l’autre, l’œuvre progresse par le dialogue des formes, en écho à la gravure précédente. Nathalie Grall précise : « Je cherche mon dessin sur plusieurs plaques simultanément en posant les cuivres les uns à côté des autres. Je commence un tracé qui me donne une idée, je rebondis sur un autre cuivre, j’efface, je reviens … la série se construit au fur et à mesure, simultanément. Le jeu des correspondances et des analogies peut même m’amener plusieurs séries. »

Catalogue d'exposition


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